Sayed Alawi
ARRÊTÉ AU BAHREÏN

Sayed Ahmed Alwadaei est directeur du BIRD (Institut du Bahreïn pour les droits et la démocratie), basé à Londres, et promoteur et militant de renom. Il a fait l’objet de diverses représailles du gouvernement bahreïnien à cause de son travail. À partir de 2016, les autorités ont également commencé à persécuter sa famille par des actes d’intimidation dirigés contre sa femme et d’autres membres de sa famille.
En 2011, Alwadaei avait participé à des manifestations contre le gouvernement dans la capitale et avait été victime de tortures corporels à cette occasion. Le 16 mars 2011, il a été arrêté, puis enlevé et torturé. Le 11 juin 2011, il a été condamné par un tribunal militaire à six mois de prison.
En 2012, il s’est enfui en Angleterre où il a obtenu l’asile politique. Là-bas, il a poursuivi ses activités en tant que militant des droits de l’homme et a fondé « l’Institut de Bahreïn pour les droits et la démocratie » en 2013 à Londres. En janvier 2015, Sayed Ahmed Alwadaei a été puni pour son travail d’activiste, ainsi que pour un groupe important de 72 autres citoyens bahreïniens. De plus, sa citoyenneté a été révoquée, demeurant en fait apatride.
Les autorités bahreïnites ont continué de le cibler, ainsi que sa famille, en particulier son beau-frère, Sayed Nizar Alwadaei, sa belle-mère, Hajer Mansoor Hassan, et son cousin, Mahmood Marzooq Mansoor. Des membres de sa famille ont été emprisonnés pour de fausses accusations de terrorisme.

Sayed Alawi, né à Duraz, a été arrêté sur son lieu de travail à Muharraq le 24 octobre 2016. Plusieurs voitures auraient encerclé le site de travail d’Alawi vers 16 heures. Des agents ont effectué une descente dans son bureau, confisqué ses appareils électroniques, puis emmené Alawi dans un lieu tenu secret. Peu de temps après son arrestation, Majeeda, l’épouse de Sayed Alawi, n’a pas été autorisée à rendre visite à son mari. Les responsables du département des enquêtes criminelles ont à plusieurs reprises nié sa localisation lors de sa disparition. En fait, le gouvernement de Bahreïn détenu arbitrairement Sayed Alawi Hussein Alawi dans le département des enquêtes criminelles (CID).

Le 3 novembre, Majeeda a reçu un appel du CID l’informant qu’il se trouvait au centre de détention de Dry Dock, le principal centre de détention provisoire du Bahreïn. Les responsables de Dry Dock lui ont demandé de lui rendre visite le 6 novembre. À son arrivée, les autorités l’ont informée que Sayed Alawi n’était pas détenu dans cet endroit. Le lendemain, un avocat a informé la famille que Sayed Alawi avait été présenté au parquet, puis transféré à Dry Dock. Le lendemain, le 8 novembre 2016, la famille s’est de nouveau rendue à Dry Dock pour voir Sayed Alawi. Pour la deuxième fois, les responsables de Dry Dock ont ​​nié la présence de Sayed Alawi sur le site. Les autorités ont refusé de fournir à la famille des informations sur l’endroit où se trouvait Sayed Alawi. Le 27 novembre, Sayed Alawi a appelé sa famille pour un appel téléphonique de quatre minutes et leur a dit qu’il était détenu au CID. Sa famille a rapporté qu’Alawi avait l’air « faible », « épuisé » et « à peine capable de parler » au téléphone.

Dans l’intervalle, des allégations de mauvais traitements et de torture ont été exprimées dans l’affaire Sayed Alawi. Alawi a été interrogé en l’absence de son avocat et sa famille n’a pas le droit de le voir. La famille de Sayed a perdu tout contact avec lui depuis la fin du mois de février 2017. Au cours des cinq mois et demi qui ont suivi son arrestation, la famille a dû se contenter d’une conversation téléphonique maximale d’une demi-heure. Aucune autre information n’a été fournie sur son état.

Le 23 août 2017, un groupe d’ONG internationales – notamment Americans for Democracy & Human Rights Bahrain et Amnesty International – a envoyé une lettre au gouvernement bahreïni pour lui demander des informations sur Sayed Alawi, Hussain Al Alawi, toujours victime de disparition forcée.

Le 23 octobre 2017, les procès de civils devant des tribunaux militaires ont repris pour la première fois depuis 2011. Le jour précédent, le parquet militaire a annoncé que trois accusés, dont Sayed Alawi Hussain al-Alawi et Fadhel Sayed Abbas Hasan Radhi, avaient été inculpés pour formation d’une cellule terroriste visant les forces de défense bahreïniennes (BDF). C’est la première fois que Sayed Alawi, Hussain al-Alawi et Fadhel Sayed Abbas Hasan Radhi sont vus en public depuis qu’ils ont été victimes de disparition forcée il y a plus d’un an.

Le 25 décembre 2017, la Haute Cour martiale a rendu son verdict contre 18 accusés, dont huit qui ont été jugés en leur absence, et ont condamné six d’entre eux à la peine de mort. Ils ont tous été accusés d’avoir « formé une cellule terroriste, en essayant d’assassiner le commandant en chef du Bahreïn Forces de défense (BDF) et d’autres crimes terroristes ». Parmi les six hommes, Sayed Alawi

Hussain al-Alawi, Fadhel Sayed Abbas Hasan Radhi, Mohammed Abdulhassan Ahmed al-Mighawi, et Moubarak Adel Moubarak Mhanna, un militaire, ainsi que deux autres civils qui ont été jugés en leur absence.

 

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