Ali Ahmed Fakhrawi et Mohamed Ahmed Fakhrawi
Arrêtés au Bahreïn

Ali Ahmed Fakhrawi et Mohamed Ahmed Fakhrawi sont deux frères jumeaux Bahreïnien arrêtés par les forces de sécurités du royaume en 2015. Ceux ci ne procurèrent pas de mandats d’arrêt, ils furent ensuite torturés et l’objet de procès iniques. Ils sont aujourd’hui emprisonnés en la prison de Jau.

Le 18 septembre 2015, Ali et Mohammed furent arrêtés chez eux au cours d’une descente de police durant laquelle les agents de police ne portaient pas d’uniforme, ne présentèrent ni mandat d’arrêt ou de perquisition de même aucune raison ne fut fournie pour cette double arrestation. Les deux hommes furent ensuite maintenus en captivité durant trois mois dans la « Roundabout 17 Police Station », où des agents du Criminal Investigations Directorate (CID) les questionnèrent au sujet de leurs supposée participation à un mouvement terroriste. Durant cette période les frères se virent refusés l’accès à un avocat et subirent différente formes de torture au sein du commissariat et aux mains d’agents du CID. Ali fut ainsi menottés pour 72 jours consécutifs, maintenu en isolation dans une chambre réfrigérante ainsi que privé de sommeil. Mohammed, pour sa part, se vit bander les yeux puis battus à plusieurs reprises, forcé de se dénuder, il subit ensuite des abus sujet à sa religion et personnellement humilié. Par ailleurs les mêmes agents, tandis qu’ils torturaient les deux frères, menacèrent de faire subir les mêmes arrestations, torture et humiliations à leur famille s’ils ne coopéraient pas.

Les agents du CID les torturèrent ainsi afin de leur extorquer des aveux et une confession, par ailleurs ces agents relièrent et attribuèrent l’arrestation, la torture et les abus qu’ils commettaient sur les jumeaux envers leur oncle Kareem Fakhrawi – un activiste politique – supposément battu à mort par les gardes de la prison de Jau en 2011. Les agents ainsi leur proposèrent ainsi de rendre visite à leur oncle tout en les torturants.

Le 6 juin 2016, les autorités Bahreïniennes accusèrent Ali et Mohammed de chef d’inculpation relevant d’activités terroristes et les présentèrent devant un tribunal tout en leur déniant libre accès à leurs avocats, suffisamment de temps ou à des locaux afin de préparer leurs procès. Le tribunal permis également au procureur d’utiliser les aveux forcés – obtenus durant leur incarcération à la « Roundabout 17 police station », en tant que preuve à l’encontre des jumeaux. Le 30 octobre 2017, le tribunal les condamna tous deux à la prison à perpétuité et ils furent transférés dans la prison de Jau.

Mohammed et Ali ont depuis fait appel à cette décision, cependant la cour d’appel et la Cour de Cassation maintinrent le verdict imposé par le procès – le 7 mars 2018 et le 6 mai 2019 respectivement, ils ont donc épuisé tout possibilité d’appel légal. Ils sont pour le moment détenus dans la prison de Jau au sein de laquelle les gardes les ont transférés arbitrairement en cellule d’isolement. En isolement, les détenus de la prison de Jau ne peuvent sortir de leur cellule qu’une demie heure par jour. Cependant pour Mohammed et Ali, les gardes ont aussi limités accès à l’eau potable ainsi qu’aux colis envoyés par leur famille et aux produits vendus dans la prison. Les gardes ont placés Ali en cellule d’isolement dans la section 12 de la prison de Jau et au sein de laquelle il est le seul à parler Arabe, exacerbant donc son isolement. De même Mohammed a été placé en cellule d’isolement en section 2, où sont gardés les prisonniers condamnés pour violences aggravés et trafics de narcotiques et pourrait donc être en danger.

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