Hasan Abdulghani Farhan
Arrêté au Bahreïn

Né en 1993, Hasan Abdulghani Farhan était un footballer du club “Sitra”. A l’âge de 19 ans, durant sa deuxième année dans l’enseignement secondaire, il fut détenu de façon arbitraire et privé de ses droits les plus fondamentaux par les autorités Bahreiniennes. A ce jour, en Avril 2020, 7 années se sont écoulées depuis le début de sa détention.

Le 11 Décembre 2012, Hasan était dans l’appartement d’un membre de sa famille quand les autorités ont entouré le bâtiment avec un hélicoptère, des forces de police spéciales manifestations et des officiers de police en tenue civile. Sans aucun mandat de perquisition, les officiers de police ont fouillé l’appartement et Hasan a été frappé et arrêté. Recherché pour incendie volontaire, une convocation avait été envoyée à son domicile le jour même de son arrestation.

A la suite de son arrestation, Hasan a été emmené dans un lieu inconnu. Il y a été battu et forcé à chercher des armes et des explosifs. Hasan a donc été victime d’une disparition forcée d’une duré de 4 jours, durant laquelle il a été victime de torture au sein de la Direction Centrale des Enquêtes (CID). Entre autres actes inhumains, il a été frappé à différents endroits du corps, forcé à rester debout dans une pièce froide, menotté et les yeux bandés, harcelé sexuellement et menacé de viol.

La torture a été utilisée pour obtenir une confession forcée; Hasan a en effet signé une déclaration de culpabilité alors que ses yeux étaient bandés. Bien qu’il ait parlé de ces actes de torture au juge menant son procès, la confession a été utilisée.

Entre 2013 et 2017, Hasan a été jugé coupable dans trois affaires différentes, et condamné à un total de 17 ans d’emprisonnement. Les chefs d’inculpation étaient : 1) incendie dans la rue, rassemblement et émeute 2) Incendie de la station de police de Sitra et tentative de meurtre d’un officier de police, ainsi que possession et acquisition de cocktails Molotov, et 3) Agression d’un agent public. Durant toute l’enquête, Hasan a été empêché de voir son avocat, et n’a pas bénéficié du temps et des moyens nécessaires à la préparation d’un procès équitable.

Depuis le début de son incarcération, Hasan a été victime de nombreuses violations de ses droits, dont de la négligence médicale, des actes de torture physique et psychologique, qui se sont intensifiés à la suite du soulèvement au sein de la prison en 2014. Hasan a développé de nombreux problèmes de santé, dont de l’hypertension, des problèmes de vue ainsi que des problèmes cardiovasculaires. Il n’a reçu aucun soin pour cela. Lorsqu’il s’est cassé un doigt en 2013, les soins nécessaires lui ont été refusés. En conséquence, son doigt est aujourd’hui déformé.

En 2014, Hasan a été battu par les forces de police avec des bâtons à de nombreuses reprises. En Aout 2015, il a été placé en isolement. Ses possessions personnelles, dont ses vêtements et produits de toilette, lui ont été confisquées. Durant cette période, Mr Baker Al-Alawi l’a menacé à de nombreuses reprises de perquisitionner violemment la maison de son père si il ne reconnaissait pas les faits qui lui étaient reprochés. Plus tard, il a été battu par les forces de police et sa barbe ainsi que ses cheveux ont été rasés dans le but de l’humilier.

Entre 2018 et 2019, la famille d’Hasan a déposé de nombreuses plaintes auprès du Médiateur du Ministère de l’Intérieur Between 2018 and 2019, ainsi qu’auprès de l’Unité des Enquêtes Spéciales, à propos de la torture subie par Hasan. Toutes les allégations ont été niées.

Plus récemment, une plainte a été déposée le 7 Janvier 2019, à propos des actes de torture subis le 17 Décembre 2018. Cependant, aucune réparation n’a été accordée, les autorités niant les plaintes au prétexte d’un manque de preuve. Pourtant, les enregistrements des appareils de surveillance étaient à leur disposition.

L’arrestation, le procès inéquitable, la torture et le refus de soins sont une violation de la Constitution Bahreinienne, tout comme des obligations internationales du Bahreïn. Ont ainsi été violés: la Convention contre la Torture et autres Peines ou Traitements Cruels, Inhumains ou Dégradants (CAT), le Pacte international relatif aux Droits Économiques, Sociaux et Culturels (ICESCR), le Pacte International relatif aux Droits Civils et Politique (ICCPR). Sachant qu’aucun mandat d’arrêt n’a été présenté, et que Hasan n’a pas bénéficié d’un procès équitable, nous pouvons conclure que les autorités Bahreiniennes ont arbitrairement détenu Hasan.

En conséquence, les Américains pour la Démocratie et les Droits de l’Homme au Bahreïn (ADHRB) exige du Bahreïn le respect de ses engagements internationaux en déclarant nul le procès d’Hasan. Si des chefs d’accusation graves sont maintenus contre lui, les autorités se doivent de lui assurer un procès équitable conforme aux standards internationaux. ADHRB demande au gouvernement d’enquêter sur toutes les allégations de torture, de tenir les coupables responsables pour leurs actes, et de garantir à tous les prisonniers l’accès aux soins nécessaires.

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